Du 11 au 12 mai 2024, le Concours de l’École nationale d’administration (ENA), sous l’égide du Comité pour la transition et la restauration des institutions (CTRI), se fait l’écho d’une injustice criante : la participation des internes, en proie aux mêmes tourments que les externes.
Pourquoi, dès lors, des aspirants internes, pourtant déjà en poste en qualité de fonctionnaires, devraient-ils endurer les mêmes affres que les externes, à la recherche désespérée d’un labeur ?
À cette interrogation lancinante, la réponse se dessine avec une évidence douloureuse : les fonctionnaires jouissent déjà d’une situation stable, tandis que les jeunes candidats ne possèdent rien. Tel est le verdict émis par une source hautement informée des arcanes du concours d’entrée à l’École nationale d’administration, sous le sceau de l’anonymat.
Cette année, tous les échanges établis avec l’ENA par les prédécesseurs de Dr. Adèle Sabine Ilama Mombot Nguimbi ont été relégués aux oubliettes.
Sous la férule de la directrice actuelle, tous se disputent la même place sur l’échiquier, internes comme externes. Tous ont acquitté les mêmes frais de dossier, s’élevant à 25 000 FCFA, tandis que certains ont encore déboursé 20 000 FCFA supplémentaires pour des sessions de préparation aux épreuves.
Cependant, cette compétition ne saurait être équitable, de nombreux externes ayant achevé leurs cursus universitaires ou grandes écoles, leur esprit encore affûté par la réflexion académique. Une formation sommaire aux épreuves de l’ENA ne suffit guère aux internes, habitués à l’exercice quotidien de leurs fonctions administratives.
Au-delà de cette façade d’égalité apparente, il semble que certains fonctionnaires aient été pénalisés pour des motifs fallacieux tels que le non-respect d’une durée minimale d’ancienneté, entre autres.
Les internes ne viennent point surcharger l’appareil administratif, ils en font déjà partie intégrante. Il incombe à l’État de mettre en place des dispositifs d’accueil équitable pour tous. Des accords auraient pu être conclus avec des institutions renommées telles que l’EM-Gabon Université ou l’IHEM, afin de faciliter la formation des internes, laissant ainsi l’ENA ouvrir ses portes aux externes. Après tout, l’objectif des autorités en transition est de procurer un emploi à tous ces jeunes en quête de stabilité.
Dans le climat actuel, où les externes semblent être la priorité des autorités en charge du concours de l’ENA, il y a de quoi s’inquiéter quant au risque de voir des internes être écartés pour des questions de capacité d’accueil. Créer un problème pour en résoudre un autre n’est point la voie vers une véritable justice sociale.


























