La sortie du parti Les Démocrates (opposition) de Séraphin Akure-Davain ne cesse de faire couler d’encre et de salive dans le landerneau politique gabonais. Un citoyen gabonais dont les initiales sont DNN a voulu analyser cette actualité de Akure-Davain qu’il estime dénote d’une maladresse comme mode d’emploi pour un politicien de sa dimension. Lecture !
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« L’homme marche, il marche et il laisse des traces » disait Laurent Gbagbo lors d’un entretien accordé en 2010. Cette marche commencée il y a des décennies nous conduit à un homme dont les traces laissées sont aujourd’hui sujet à controverses.
Député suppléant de Richard Auguste Onouviet aux législatives de 2001 à Lambaréné, il commence à siéger dès l’entrée de son mentor au gouvernement. Puis en 2018, il dirige la mairie de Lambaréné jusqu’à sa démission en 2010 et sa rupture avec le PDG. Dans la foulée, il fonde en 2011 l’Alliance pour le Nouveau Gabon (ANG), parti dont il sera le seul élu au parlement, jusqu’à son rapprochement à Guy Nzouba-Ndama en 2015 dont il sera l’un de ses premiers soutiens pour la présidentielle de 2016.
De l’ANG aux Démocrates
La victoire plus que contestée d’Ali Bongo entraîne une recomposition du paysage politique. L’ANG, après des négociations, deviendra les Démocrates. Le flambeau passé, Nzouba-Ndama deviendra alors le nouveau président et Akure sera nommé président honoraire d’un parti dont le bureau sera essentiellement composé des proches de Nzouba-Ndama. Était-ce par précaution? De toutes les façons » Le prix de la liberté, c’est la vigilance éternelle « .
Un siège sous fortes turbulences
Le parti les Démocrates définitivement installé, les législatives pointent à l’horizon. Akure affûte ses armes tout en sachant que la tâche sera ardue. Il devra croiser le fer face à un adversaire redoutable et redouté, Janvier Nguema Mboumba dont la popularité exacerbe même dans son propre camp. De Maurice Donnay disait en son temps : » Ni union, ni multiplication, ni mais des additions en attendant des divisions. » Ses propos résument l’élection sur ce siège. Car selon certains observateurs aguerris, une doyenne voyait d’un mauvais œil un partage de pouvoir avec Nguema Mboumba qui lui aurait fait de l’ombre avec un probable retour au gouvernement. » Je t’aime, moi non plus » , ne dit-on pas que l’intérêt guide l’esprit. Selon ces mêmes sources, cette dernière aurait tout mis en œuvre, en accord avec un autre doyen, récemment salué du côté du bord de mer, pour faire élire Akure-Davain au détriment de son camarade candidat.
L’éloquence comme distraction
« Ne jamais vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué ». Se sentant regaillardi, l’honorable Akure-Davain est de retour à l’hémicycle auréolé du titre de président du groupe parlementaire. Tout sied dorénavant à son émancipation. Il a la confiance totale de son groupe, ses sorties en bon tribun laissent entrevoir une lueur d’espoir. Le Gabon nouveau dont rêve la majorité des gabonais est enfin possible. La voie du peuple est portée, les maux quotidiens sont exposés et ses différentes sorties relayées à travers les réseaux sociaux. Akure-Davain est dorénavant scruté par les populations qui voient en lui un leader, l’auditoire est conquis. Nous avons encore en mémoire le fameux « 7 kms, 7 ans ». Les émergents furent la risée, au-delà de nos frontières on a pu entendre » gouvernement marmailleur ». Le vent en poupe, il se sent pousser des ailes au moment où au sein de sa formation politique les démissions sont légions. D’ailleurs, il se dit qu’il fût le premier approché, mais la peur de la vindicte populaire a freiné son élan. L’honorable se veut constant mais pour les plus avisés il y a souvent plus de stupidité que de courage dans une constance apparente.
De la suspicion à la trahison
La concertation nationale achevée, l’heure est aux conclusions. Le peuple se sent une fois de plus abusé. Les images issues de cette concertation nous montrent un Akure-Davain des grands jours. Visage radieux, sourire des beaux jours, des tapes amicales aux côtés d’Ali Bongo et son premier ministre. La liste est longue, si tout doit être énuméré, Iboundji sera certainement bitumé. Une omniprésence qui laisse place à des suspicions. Les bruits de couloir viennent accentuer le désarroi des Gabonais, les créanciers se frottent les mains, Akure-Davain est de nouveau plein aux as.
Dans la même lancée, une pelée d’individus réunie et financée pour sa cause au quartier Ozangué lira un appel à candidature écrit de sa propre main. Le vin est tiré, il faut le boire.
Déchéance prévisible
« Plus on s’élève et plus dure est la chute. » La chute de Séraphin Akure-Davain ? Certainement pas , mais celle d’une classe politique corrompue et sans convictions.
Quarante-huit heures, c’est le temps qu’il lui a fallu pour recevoir l’autorisation de Lambert-Noël Matha. Un record qui égale les 99% du G2. Nous saluons au passage la promptitude des autorités compétentes, si seulement ça pouvait être le cas pour établir une CNI.
Akure-Davain est notre Usain Bolt, il veut aller vite et bien, peu importe la maladresse comme mode d’emploi. Mais vitesse et précipitation ? Gare aux dommages que cela peut entraîner. Nul n’est dupe, » ventre plein, africain content ». L’échec de ses actions à venir est désormais prévisible il y a trop de maladresse, car durant sa marche les traces laissées par le démissionnaire Akure-Davain obligeront à ne retenir que le négatif: la maladresse comme mode d’emploi. En démocrate libre, l’histoire vous regarde.
Par DIN











































