Dans une tribune libre parvenue à la Rédaction de Gabon Mail Infos, le Pasteur Philippe César Boutimba Dietha, par ailleurs Aumônier international et Juge de Paix, interpelle les uns et les autres quant à l’éventualité des viols des femmes qui s’exposent à moitié habillées lors de la période et les plaintes face à une justice misogyne, phallocrate et peu encline aux droits de l’homme, les victimes risquent de ne pas avoir gain de cause. Lecture !
Mesdames et Messieurs,
Chers compatriotes,
Chers concitoyens du monde,
Ces supportrices sexy que ne veut pas sous peine de viols sans suite à la Coupe du monde @D.R
Ce dimanche 20 novembre 2022, le Qatar démarre sa coupe du monde de football sous les huées de la terre entière, à cause des violations massives des droits des femmes et des travailleurs étrangers. Sur le cas précis des viols, les preuves contre cette nation (et contre la plupart des pays arabes) se multiplient à l’œil nu.
Un jour de juin 2016, une touriste hollandaise de 22 se présente devant un commissariat de police de Doha pour dénoncer un viol. La fille avait été dans un bar d’hôtel où la consommation d’alcool était autorisée. Le lendemain elle s’est réveillée dans un lieu inconnu et a constaté qu’on l’avait violée. Mais au lieu de prendre sa déposition, les officiers de police l’arrêtent pour adultère et s’en vont chercher son agresseur sur le même motif. Le procès des deux accusés a lieu lundi 13 juin 2016 en leur absence, mais en présence de l’ambassadrice des Pays Bas. La fille est condamnée à un an de prison avec sursis, à verser une amende de 3.000 riyals qatari (521 mille cfa), et à être expulsée du territoire. Le violeur présumé (un syrien récidiviste) sera condamnée à subir 100 coups de fouet pour adultère (et non pour viol) et 40 coups supplémentaires pour consommation d’alcool, suivi d’une expulsion du Qatar. Mais le tribunal recommande pour lui un examen médical avant d’appliquer la sentence. Nous ne savons pas s’il avait été finalement bastonné puis expulsé du Qatar car ces viols sont récurrents.
À la sortie du procès, la diplomate hollandaise, Madame Yvette Burghgraef-van Eechoud dira ceci aux médias, à l’endroit de sa compatriote: “Nous ferons tout pour la faire sortir du pays le plus tôt possible (et qu’elle aille) là où elle veut aller”. En français facile, la Hollande fait du business avec le Qatar, il n’est pas question de jeter l’argent des monstres pour défendre les droits des victimes. Si les qatari sont des monstres, les grandes démocraties occidentales sont des hypocrites.
Un supportrice camerounaise qui ne sera pas la bienvenue au Qatar @D.R
En 2021, une mexicaine mariée qui travaillait au Qatar pour le “Supreme Committee for Delivery and Legacy” (un organisme chargé d’organiser la Coupe du monde 2022) s’est fait violer par un homme qu’elle considérait comme un ami. La dame s’est présentée devant la police qatarienne avec toutes les preuves du viol, dont un certificat médical délivré par un hôpital de référence. Mais son agresseur présumé a prétendu devant les officiers de police qu’ils étaient amants, autrement dit elle avait délibérément trompé son époux avec lui. La police a rétorqué à la femme qu’en l’absence d’une vidéo prouvant le viol, elle était accusée de liaison extraconjugale, ce qui au Qatar est passible de sept ans de prison et dans certains cas de 100 coups de fouet, peu imports les viols et les victimes. L’avocat de cette malheureuse femme lui a prescrit de se fiancer avec son agresseur pour éviter les charges. Elle a préféré quitter le Qatar. Ensuite elle a publié son histoire dans une lettre ouverte.
La compétition qui démarre ce soir au Qatar devrait accueillir 400 mille supporters, l’équivalent de 20% de la population locale. Autant dire que ce genre de drames pourraient se multiplier dans le pays, avec les mêmes conséquences devant la même justice. Si ces gens-là n’ont pas été justes avec les ressortissants des pays occidentaux en refusant de condamner les viols au Qatar, qu’en sera-t-il avec des victimes d’origine sub-saharienne? Un seul mot d’ordre: soyez prudents.