Depuis l’adoption par Conseil des ministres du 18 décembre dernier d’une troisième révision de la Constitution gabonaise depuis 2009, plusieurs voix s’élèvent pour donner leurs avis. Nous avons reçu dans notre rédaction la publication d’un compatriote, Max DR, qui a tenu à donner son avis.
Nous vous livrons l’intégralité de son avis.
Depuis l’accident vasculaire cérébral du Président de la République qui a eu lieu à Riyad en Arabie Saoudite le 24 octobre 2018, de nombreuses voix s’élèvent pour réclamer une vacance de pouvoir. En effet, pour de nombreux citoyens et acteurs de la société civile, la première autorité du pays n’est plus en mesure d’assurer ses fonctions.
Malgré tout cela, le gouvernement n’a cessé, par de nombreuses interventions sur les médias nationaux et quelques apparitions du chef de l’Etat, de rassurer les populations.
Certains fanatiques et vuvuzeleurs sont allés jusqu’à déclarer qu’il se représenterait en 2023 à sa propre succession.
À tout cela, s’ajoute le climat de crise politique régnant depuis 2016 sur la nation qui n’a cessé de renforcer certains acteurs politiques et de la société civile sur cette voie.
Et comme par miracle, cette demande semble avoir été attendue par la plus grande autorité de l’Etat.
En effet, ce 18 décembre 2020 le Gouvernement réunit en Conseil des ministres a adopté un nouveau projet de révision de la constitution, notamment sur les dispositions concernant l’intérim du Président de la République en cas de vacance du pouvoir, d’indisponibilité définitive du chef d’Etat ou d’indisponibilité provisoire de celui-ci.
C’est une information qui révèle que la question de la vacance du pouvoir est bien prise en compte par les autorités, et qu’il serait très judicieux d’y penser maintenant.
Mais bien que cela soit une bonne avancée, il est triste de constater que selon l’article 13 de la Constitution, l’intérim dont il est question est différent de celui que nous avons connu en 2009. Au cas où elle serait adoptée, il ne sera plus assuré par le seul président du Sénat mais par les présidents des deux chambres du Parlement (Assemblée nationale et Sénat) ainsi que par le ministre de la Défense.
Une approche bien étrange de la gestion de la vacance du pouvoir tant réclamé par de nombreux acteurs de la société.
Une fois de plus cette révision constitutionnelle est semblable à un chef d’œuvre façonné de manière à mettre en avant les intérêts d’un petit groupe et non de la bonne marche des institutions de la République.
26 d’articles, révisés et façonnés pour mettre sur pied un scénario digne d’un polar sorti des plus grands studios Hollywoodien.
Le Président de la République, à la fin de ses fonctions, ne doit être poursuivi, recherché ou condamné pour des actes posé durant ses fonctions.
C’est ici un des projets de loi contenu dans cette révision.
La démocratie semble avoir fait un saut dans le passé et cette nouvelle révision n’est clairement pas pour le bien du pays mais pour des intérêts personnels d’un très petit groupe. C’est ici le lieu de dire que cette révision constitutionnelle n’est pas bonne mais très étrange.
Par Max DR
























