Le communiqué final du Conseil des ministres du 18 décembre dernier, présidé par le Chef de l’Etat, Ali Bongo Ondimba, a consacré une bonne partie de son déroulement sur le projet de loi modifiant considérablement la Constitution gabonaise. Ce projet de loi englobe l’intérim du Président de la République en cas de vacance, sa vie après l’exercice du pouvoir y compris le choix de certains Sénateurs par le Président de la République. Or, un tel projet sous d’autres cieux engage le pays tout entier afin de se revêtir d’une certaine légitimité et d’une légalité peu contestées. Le referendum serait la voie par excellence.
Constitution très légère dans un contexte inadapté
C’est une lapalissade de dire que notre Constitution est aujourd’hui sujette à une légèreté de l’avis de nombreux citoyens gabonais qui se sont exprimés sur plusieurs plateformes des réseaux sociaux. Depuis 2009, trois modifications ont été apportées à la Constitution par l’administration d’Ali Bongo Ondimba. Cette dernière adoptée en Conseil des ministres serait celle suscitant plus de controverses par son contenu qui fait la part belle au seul Président de la République, dans un contexte qui ne sied pas. Par ailleurs, le ministre de la Défense est promu devant son Premier ministre qui demeure dans tous les cas le Chef du Gouvernement. Ainsi, comment accepter l’adoption d’un projet de loi modifiant la Constitution dans un contexte de pandémie de la Covid-19 qui a touché de plein fouet plusieurs secteurs d’activités ayant pour corolaires la crise économique et sociale qui continuent de dévaster plusieurs citoyens ?
Préparation d’un après-pouvoir non solide
Garantir l’impunité au Président de la République après l’exercice de ses fonctions fragilise la Constitution. Elle renvoie l’image d’un bilan et d’un héritage dont on serait peu fière d’assumer. Aussi, une Constitution modifiée par décret pourrait l’être par un autre décret après le règne de l’initiateur de la première révision.
Peu importe les raisons ayant inspirées l’impunité, c’est le revers de la médaille constaté chez les Gabonais : les mandats n’ont pas bien été assurés.
C’est par une bonne gouvernance du pays et une sortie honorable que tout dirigeant pourrait assurer sa sortie glorieuse, les décrets sont des solutions peu fiables.
Crise de confiance entre camarades
Créer un triumvirat comme mode de gouvernance en cas de vacance ou d’empêchement définitif du Président de la République pointe net une crise de confiance vis-à-vis du seul Président du Sénat. La Constitution actuelle octroie au Président du Sénat les pleins pouvoirs d’intérimaire du Président de la République, en cas de vacance du pouvoir. Or, associer le Président du Sénat, de l’Assemblée nationale et le ministre de la Défense permettrait de diviser pour mieux régner au sommet. Ce type de solution n’est plus d’actualité dans les nouvelles démocraties. Il faut aussi souligner que c’est même un cas de blocage de cet intérim qui se voudrait paisible.
Permettre au Président de la République de choisir des Sénateurs renforce l’idée d’une relation de raison seulement entre la Président de la République et les Sénateurs. Le Sénat est pourtant majoritairement occupé par le pouvoir. Il y a une odeur d’absence de confiance entre les deux institutions : La Présidence de la République et le Sénat.
Nécessité d’alerter sur la Constitution, bien commun à tous
La nouvelle Constitution adoptée est la volonté de conserver le pouvoir à tout prix malgré les indicateurs très peu rassurants dans ce qui pourrait se traduire comme un passage en force. Dans tous les cas, le peuple dans ses nombreuses réactions estime qu’il y a légèreté de la loi fondamentale qui, indubitablement sans consensus national serait plutôt un gage d’insécurité pour l’avenir de ceux qui aimeraient à tout prix conserver le pouvoir.


























