Le micro s’est tu, puis le couperet est tombé. Anicet Engo perd la présidence de la Ligue des jeunes de l’Union démocratique des bâtisseurs (UDB). Selon des sources internes au parti, Brice Clotaire Oligui Nguema a décidé de le démettre. Cette décision date de ce mardi 20 octobre 2026. Ainsi, le changement paraît brutal. Pourtant, il animait un rassemblement trois jours plus tôt.
Selon ces sources, un courrier aurait signifié la décision à la hiérarchie de l’UDB. Steeve Davin Mouguiama, jusqu’ici vice-président de la Ligue, prend les commandes. Il les gardera jusqu’au congrès du parti, prévu le 5 décembre. Cependant, les motifs de cette éviction n’ont pas reçu de communication officielle. Dès lors, le calendrier de ce changement interroge. La Ligue change de capitaine en route.
Akanda, neuf provinces et une voix de jeunes
Samedi 17 octobre, au siège de l’UDB à Akanda, Anicet Engo présidait un grand rassemblement. Des représentants de la Ligue des jeunes, venus des neuf provinces du Gabon, y participaient. Ainsi, la salle ressemblait à une carte vivante du pays. Cette rencontre portait fortement l’expression de frustrations au sein de la jeunesse du parti. Autrement dit, les neuf provinces avaient envoyé leurs voix.
Devant les militants, Anicet Engo a notamment évoqué un décalage au sein de la Ligue. D’un côté, des jeunes cadres ont reçu des nominations. De l’autre, ceux de la base se sentent laissés de côté. Il a reconnu ces frustrations, sans les nier. Pourtant, il a refusé que les déceptions d’hier dictent l’avenir de la Ligue. Ainsi, son message mêlait lucidité et espoir.
Une déclaration solennelle, un lien à ne pas surinterpréter
La rencontre a aussi produit une déclaration solennelle adressée à Brice Clotaire Oligui Nguema. Les participants saluaient plusieurs initiatives gouvernementales en faveur de la jeunesse. Toutefois, ils réclamaient une meilleure association des jeunes aux affaires publiques. Ils demandaient aussi davantage de réponses au chômage. Le message tenait en une image : construire pour la jeunesse ne suffit pas, il faut bâtir avec elle.
Faut-il voir dans cette prise de parole l’origine de la décision ? La proximité des dates nourrit cette question. Cependant, elle ne prouve aucun lien de cause à effet entre ces deux dates. Ainsi, la chronologie seule ne tranche pas le débat. D’ailleurs, Anicet Engo n’appelait nullement à rompre avec la direction du parti. Son discours mêlait reconnaissance, mécontentement et appel à l’unité.
Discipline interne et congrès : un héritage sous tension
Une autre piste évoque la discipline interne. Le même samedi, la Ligue des femmes de l’UDB tenait ses « Marchés Roses » à Akanda et Owendo. Laurence Ndong les avait annoncés dès le début du mois dans les canaux du parti. En revanche, le rassemblement des jeunes n’aurait été annoncé que deux jours avant. Ainsi, deux événements partisans se télescopaient le même jour.
Certains, au sein du parti, y verraient un manquement à la coordination. Cette hypothèse reste toutefois à confirmer. De plus, la décision tombe à moins de deux mois du premier congrès ordinaire. Ce rendez-vous compte pour la structuration du parti présidentiel. Ainsi, Steeve Davin Mouguiama hérite d’une Ligue traversée par des attentes que son prédécesseur venait de porter. Rien ne permet encore de trancher.
Une décision, des questions
Reste à savoir si ce départ relève d’une simple réorganisation interne ou d’un désaccord plus profond. Une seule certitude demeure. Trois jours après avoir fait entendre les frustrations de ses militants, Anicet Engo perd la direction de leur organisation. Les raisons, elles, restent à éclaircir.












































