Le 31 août 2016 reste une date gravée dans l’histoire politique du Gabon. Ce jour-là, des tirs visaient le quartier général de Jean Ping. Ce dernier contestait alors les résultats de l’élection présidentielle. Plusieurs Gabonais ont perdu la vie durant cet assaut meurtrier. D’autres ont été blessés, arrêtés ou profondément traumatisés. Dix ans plus tard, l’organisation Tournons La Page Gabon (TLP-Gabon) réclame justice. Par ailleurs, elle appelle à un véritable devoir de mémoire national.
Dans un communiqué publié ce 31 août 2026, la coalition « s’incline avec respect » devant la mémoire des victimes. Elle évoque également « la douleur silencieuse des rescapés, traumatisés à vie ». Selon TLP-Gabon, ce jour a marqué « l’une des journées les plus douloureuses » de l’histoire nationale. Ainsi, l’organisation dénonce fermement toute tentative d’oubli institutionnel. Ce communiqué intervient alors que le pays célèbre les trois ans du changement politique de 2023. Or, selon TLP-Gabon, l’autre date du 31 août attend toujours sa reconnaissance officielle. De même, l’organisation exige que le sang versé ne soit jamais oublié.
Des questions restées sans réponse
Dix ans après les faits, plusieurs interrogations demeurent entières. Qui a réellement donné l’ordre ce jour-là ? Quelles responsabilités ont véritablement été établies depuis ? Où reposent aujourd’hui les corps des victimes disparues ? Aucun procès n’a pour l’instant été organisé publiquement. En outre, aucune date n’a été fixée pour d’éventuelles poursuites judiciaires. Par conséquent, TLP-Gabon réclame l’ouverture immédiate de toutes les enquêtes nécessaires. L’organisation exige aussi un accès complet aux dossiers judiciaires concernés. Selon elle, « il ne peut y avoir de réconciliation nationale durable sans vérité judiciaire ».
Un appel pressant à l’union nationale
TLP-Gabon appelle désormais les forces vives du pays à se mobiliser. Concrètement, politiques, leaders religieux et société civile sont directement interpellés. L’organisation martèle un message sans ambiguïté : « NON à l’oubli volontaire de nos martyrs ». Elle rejette également toute forme d’impunité envers les responsables présumés. De plus, elle refuse la négation de la souffrance des familles endeuillées. Ces dernières attendent toujours, depuis dix longues années, que justice soit rendue. Enfin, l’organisation rappelle qu’il n’y a pas de liberté véritable sans justice réelle.
Une campagne pour ne jamais oublier
À l’occasion de cet anniversaire, une campagne inédite est lancée. Baptisée « 10 ans, 10 visages », elle veut redonner un nom à chaque victime. Concrètement, cette initiative cherche à personnaliser une tragédie souvent réduite à des chiffres. De surcroît, chaque visage rappellera qu’une vie ne se résume pas à un numéro. TLP-Gabon annonce également saisir les instances nationales et internationales compétentes. L’objectif reste d’éviter que ce dossier ne sombre dans l’oubli. Pour la Coordonnatrice nationale Blanche Simonny Abegue, « tourner la page, c’est écrire la suite avec vérité ».
Un symbole pour la démocratie gabonaise
Ce dixième anniversaire dépasse largement le simple exercice mémoriel. Il interroge directement la solidité des institutions gabonaises. En effet, l’absence de procès depuis dix ans interroge la crédibilité de l’État. Toutefois, la mobilisation citoyenne autour de cette date ne faiblit pas. Elle traduit une exigence collective de vérité et de justice. Enfin, TLP-Gabon rappelle que « l’histoire d’un pays n’a jamais été écrite avec la gomme ». Cette formule résume l’esprit d’une lutte mémorielle active. Le Gabon nouveau, espéré par la coalition, place la vie humaine au centre. Un pays, selon elle, où l’expression politique ne coûterait plus jamais de vies humaines. Malgré tout, TLP-Gabon veut croire en un avenir démocratique apaisé.


































