Neuf mois après la suspension des réseaux sociaux au Gabon, la crise de confiance atteint un seuil. L’aveu de Théophane Nzame Nze Biyoghe agit comme un électrochoc. Le conseiller et porte-parole de la présidence déclare utiliser « en marge de la loi » un VPN. Cet aveu, livré sur Urban FM, surprend. Surtout, elle met à nu les contradictions d’un pouvoir qui peine à défendre cette mesure.
Cette prise de parole ne fait que surprendre. Elle intervient dans un climat saturé d’agacement et d’incompréhension. Depuis février 2026, la décision de la HAC plonge le pays dans une privation numérique sans précédent. Pourtant, les justifications officielles montrent leurs limites face aux réalités économiques et sociales. Entrepreneurs, avocats, acteurs de la société civile et figures politiques dénoncent une mesure « inique » aux conséquences lourdes.
Une mesure aux conséquences économiques et sociales
Le manque d’accès aux plateformes numériques freine les activités et isole les jeunes. Il pénalise aussi les médias et fragilise les entreprises dépendantes de la visibilité en ligne. Désormais, l’agacement devient exaspération. Dans ce contexte, l’aveu du porte-parole prend une dimension politique majeure. Celui qui défendait hier la suspension lors de tournées officielles reconnaît aujourd’hui contourner la loi. Il invoque alors une « révolte citoyenne », ce qui interroge.
Cette posture soulève plusieurs questions sur la cohérence du pouvoir en place. Comment un haut responsable peut-il se placer volontairement en infraction ? Hier encore, il défendait une mesure chargée de limiter les réseaux sociaux. Aujourd’hui, encore, il reconnaît la contourner au nom d’une « révolte citoyenne ». Dès lors, plusieurs hypothèses apparaissent : lassitude interne, désaccord profond ou aveu implicite que la mesure devient difficilement tenable.
L’égalité devant la loi au cœur du débat
L’enjeu dépasse pourtant le cas individuel. Il touche au principe même d’égalité devant la loi. Une interdiction administrative n’a de sens que si elle s’applique à tous. Plus encore, elle concerne ceux qui incarnent l’État. En assumant publiquement son contournement, le porte-parole fragilise la crédibilité de la décision. Ainsi, cette déclaration expose la cohérence de l’autorité publique et renforce les interrogations autour de la suspension.
La situation place également la HAC face à un dilemme. Elle doit choisir entre sanctionner un conseiller du chef de l’État ou laisser l’infraction impunie. Dans le premier cas, elle s’expose à une décision politiquement sensible. Dans le second, elle risque d’entériner une rupture d’autorité. Ainsi, le silence observé pour l’heure alimente les interrogations. Neuf mois après, la mesure apparaît toujours plus difficile à défendre.
Une suspension désormais désavouée au sommet
Neuf mois après son entrée en vigueur, la suspension des réseaux sociaux reste contestée et désavouée au sommet. Cette évolution intervient au Gabon. Ses conséquences économiques et sociales persistent encore. Les entreprises dépendantes de la visibilité en ligne restent pénalisées. De plus, les médias et les jeunes subissent directement les restrictions. Ainsi, l’aveu public du porte-parole renforce une crise de confiance déjà installée durablement.
Au-delà de ce cas, la question concerne désormais l’autorité de la mesure. Comment exiger des citoyens le respect d’une interdiction que les autorités elles-mêmes transgressent ? La question prend une portée politique particulièrement majeure. En définitive, le silence de la HAC ne dissipe pas les interrogations persistantes. Au contraire, il nourrit le doute sur la cohérence institutionnelle, la crédibilité et la pérennité de cette suspension contestée.












































