La Chine appliquera progressivement l’exemption totale de droits de douane aux produits de 53 pays africains. Le colloque Chine-Afrique de Libreville a dévoilé ce calendrier en trois phases mercredi, rapporte l’Agence Gabonaise de Presse. Annoncée en mai 2026, la mesure couvre toutes les catégories de produits. Elle ne comporte aucune condition politique. Elle ne fixe aucun seuil d’accès restrictif ni aucune exigence de réciprocité. Cette annonce concerne donc l’ensemble du continent.
Cui Wang, conseillère à l’ambassade de Chine au Gabon, a détaillé ces garanties lors d’un panel. Ce panel portait sur le 15ᵉ Plan quinquennal chinois et la coopération sino-africaine. Selon elle, « les produits africains pourront accéder librement au marché de 1,4 milliard de consommateurs chinois ». Elle estime aussi que la suppression des droits de douane élargira les marges des exportateurs africains. Pékin affiche ainsi une ouverture commerciale sans contrepartie exigée. Cette promesse vise à stimuler les exportations africaines vers la Chine.
Un calendrier en trois étapes jusqu’en 2028 et au-delà
La première phase est en vigueur depuis décembre 2024. Elle concerne les 33 pays les moins avancés (PMA) d’Afrique. Ensuite, la deuxième phase court de mai 2026 à avril 2028. Il s’agit d’une période de transition de deux ans pour les 20 autres pays africains. Ces pays figurent parmi les pays en développement. Cette phase initiale vise les économies les plus fragiles du continent. Les autres pays africains bénéficient d’un délai pour s’adapter.
Au-delà d’avril 2028, Pékin engagera des négociations avec les pays « amis », dont le Gabon. L’objectif est de conclure un accord de long terme. Cui Wang présente cette décision comme l’aboutissement de vingt ans d’efforts. En 2005, la Chine avait déjà accordé le tarif zéro sur certains produits aux pays africains les moins avancés. Cette étape ouvre une perspective de partenariat durable pour Libreville. Le calendrier avance donc par paliers successifs. La mesure de 2005 en constituait déjà le point de départ.
Des échanges sino-africains en forte hausse
Au premier semestre 2026, le commerce sino-africain a atteint 203,5 milliards de dollars. Il progresse ainsi de 23 %. En mai et juin, les importations chinoises en provenance du continent ont augmenté de 23,5 %. Cette hausse suit l’extension de la mesure à l’ensemble des partenaires africains. Ainsi, ces chiffres soulignent le poids de la Chine dans les échanges du continent. Le commerce bilatéral gagne en intensité depuis le début de l’année.
Le Pr. Jean-Christophe Boungou Bazika, directeur général du CERAPE à Brazzaville, a présenté le cas du Congo. Les exportations congolaises reposent à 90 % sur le pétrole brut. Le bois, les sciages et le Poria cocos complètent ce panier. Selon lui, le « zéro tarif » permettra d’intensifier les exportations. Chaque pays devra toutefois se positionner sur des niches porteuses. Par exemple, le Congo illustre la dépendance de plusieurs économies africaines aux matières premières. Diversifier l’offre reste donc un enjeu majeur.
Le 15ᵉ Plan quinquennal et le PNCD gabonais
Qichen Zhao, de l’Université des langues étrangères de Beijing, évoque un « alignement des stratégies de développement ». Le 15ᵉ Plan quinquennal couvre la même période que le PNCD gabonais, soit 2026-2030. Il privilégie les infrastructures, notamment le transport, l’énergie et la connectivité numérique. Il porte aussi l’initiative « IA+ ». Celle-ci doit diffuser l’intelligence artificielle dans l’économie réelle. Cette convergence de calendrier crée un cadre favorable à la coopération. Le transport, l’énergie et le numérique figurent ainsi parmi les priorités communes.
Elle précise pourtant : « Le 15ᵉ Plan quinquennal est avant tout un plan national de développement de la Chine. » Il ne vise donc pas spécifiquement l’Afrique. Qichen Zhao y voit plutôt « une invitation à la prospérité mondiale ». Ainsi, cette précision écarte l’idée d’une politique pensée pour le continent. Les pays africains pourront donc saisir cette opportunité selon leurs propres priorités. Le PNCD gabonais, qui couvre 2026-2030, offre un cadre de convergence.
Ce qu’il faut retenir
En résumé, la Chine ouvre son marché de 1,4 milliard de consommateurs à 53 pays africains, sans condition politique. Toutefois, les experts rappellent à ce colloque Chine-Afrique de Libreville que chaque pays doit cibler des niches porteuses. Finalement, le succès dépendra des choix économiques africains et des négociations après avril 2028.












































