À Port-Gentil, l’émotion était au rendez-vous autour de la dépouille du Colonel Makita Jean-Délis. Décédé le 15 septembre 2026 dans l’exercice de ses fonctions, l’officier a reçu un hommage officiel et solennel. Le Président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, a personnellement pris part à cette cérémonie très solennelle. Ainsi, sa présence traduisait la dimension institutionnelle accordée à cette disparition marquante pour la Nation.
Au-delà de la solennité de la cérémonie, cette présence confirme un engagement fort de l’État gabonais entier. En effet, l’homme aura consacré plus de trois décennies au service de la Nation gabonaise. Cette longévité professionnelle, dans les corps en uniforme, ne se mesure pas uniquement au nombre d’années. Elle se mesure également aux responsabilités assumées, aux exigences du métier et au sens profond du devoir.
Une distinction posthume dans l’Ordre national du Mérite
À titre posthume, le Colonel Makita Jean-Délis a rejoint le grade d’Officier dans l’Ordre national du Mérite gabonais. Cette distinction vient inscrire son parcours dans la mémoire officielle de la République gabonaise tout entière. Par ailleurs, elle reconnaît, à titre symbolique, son engagement constant au sein de la Gendarmerie nationale. Une reconnaissance qui dépasse largement le simple cadre protocolaire habituel de ce type d’hommage officiel.
Dans son hommage, le Président Oligui Nguema a salué la mémoire d’un « serviteur » de l’État. Il a également adressé son soutien sincère à la famille du disparu et à ses proches. De même, l’ensemble des personnels de la Gendarmerie nationale a reçu ce message de soutien officiel. Cette attention reste particulière dans un corps où la disparition d’un officier touche toute l’institution entière.
La question de la mémoire institutionnelle
Cette disparition pose aussi, en creux, la question centrale de la mémoire institutionnelle gabonaise toute actuelle. Souvent, les forces de défense et de sécurité sont évaluées à travers leurs missions opérationnelles diverses. Leurs résultats et leur capacité à garantir l’ordre public restent les critères les plus visibles et cités. Mais derrière ces fonctions se trouvent des hommes et des femmes aux parcours singuliers et exigeants.
Leurs carrières sont en effet ponctuées de contraintes, de sacrifices et, parfois, du risque ultime et redouté. L’hommage rendu au Colonel Makita Jean-Délis rappelle ainsi une évidence souvent reléguée au second plan aujourd’hui. Une institution ne se construit pas seulement avec des règlements et des uniformes rigides et fixes. Elle se construit également avec des parcours humains que la République choisit de reconnaître et transmettre.
Une reconnaissance nationale entre devoir et mémoire collective
La distinction posthume qui lui a été décernée prend, à cet égard, une double signification forte, symbolique et durable. D’une part, elle honore un officier disparu au service de sa Nation gabonaise tout entière. D’autre part, elle rappelle à ceux qui poursuivent encore la mission le sens profond du devoir. Ainsi, le service de l’État demeure indissociable de cet engagement profond envers la République gabonaise.
La mémoire du Colonel Makita Jean-Délis s’inscrit désormais dans cette histoire collective nationale et durable. Elle se situe entre devoir accompli et reconnaissance légitime de toute la Nation gabonaise tout entière. Un proverbe de Lambaréné le rappelle avec force et justesse, selon la tradition orale locale bien connue de tous. « Lorsque le grand arbre tombe, la forêt se souvient de l’ombre qu’il donnait. »












































