Le compte à rebours a commencé pour l’une des réformes les plus attendues du secteur énergétique. Devant banquiers et cadres ministériels, Philippe Tonangoye a détaillé l’avancée de la scission de la SEEG. Vieille de 76 ans, la SEEG vit ses derniers mois.
Selon lui, un comité interne travaille depuis un an « de manière confinée, de manière discrète ». « Nous arrivons en bout de piste, nous arrivons à trois mois de cette échéance », a-t-il déclaré. Ensuite, il a invité les partenaires aux négociations à venir.
150 milliards de FCFA de dette : une entreprise exsangue
Derrière l’annonce, les chiffres révèlent l’urgence. La dette de la SEEG avoisine 150 milliards de FCFA. En février, le ministre l’attribuait déjà à des problèmes de gouvernance. D’ailleurs, fournisseurs impayés, infrastructures fragilisées et service contesté illustrent une crise de trésorerie ancienne.
Par ailleurs, le conseil d’administration du 31 juillet 2026 a dressé un bilan alarmant. Le ministre y a évoqué une perte nette de 45,6 milliards de FCFA. De plus, les charges financières se sont multipliées par quatorze. En outre, le chiffre d’affaires a stagné entre 2020 et 2023.
Deux entités dès 2027, sans la dette
Concrètement, la SEEG disparaîtra sous sa forme actuelle le 1er janvier 2027. Deux structures distinctes prendront le relais. D’un côté, la Gabonaise des Eaux gérera l’eau. De l’autre, Électricité du Gabon assurera la fourniture d’électricité.
Surtout, le gouvernement promet un point décisif. Les deux futures sociétés n’hériteront pas du passif de 150 milliards de FCFA. L’État prendra cette dette en charge. Dès lors, les nouvelles entités pourront démarrer sur des bases assainies.
Les banques créancières rassurées
Côté banques, l’annonce avait d’abord inquiété. « La corporation était très inquiète notamment au sujet de la dette », a reconnu Habib Simon Mapangou. Il représente l’Association professionnelle des établissements de crédit (APEC). Toutefois, l’exposé du ministre a changé la donne.
« Nous sortons d’ici assez rassurés », a poursuivi le représentant de l’APEC. Il salue notamment « la prise en charge par l’État de la dette bancaire ». En retour, la profession s’engage à « accompagner le gouvernement dans ce projet structurant ».
Une réforme sous haute surveillance
Au final, la scission de la SEEG marque un tournant historique majeur pour l’eau et l’électricité au Gabon. Cependant, le succès dépendra de la gouvernance des deux nouvelles entités. Car les usagers attendent avant tout des coupures moins fréquentes et un service enfin vraiment fiable.












































