À Makokou, la troisième édition de la Fête de la Libération a pris une tournure inattendue. Le président du Parti Gabonais du Progrès, Benoit Mouiti Nzamba, a profité de sa décoration officielle. Il a publiquement réclamé la libération d’Alain-Claude Bilie-By-Nze. Cet ancien Premier ministre reste candidat malheureux à la présidentielle de 2025. Il croupit en prison depuis la mi-avril 2026.
Dans une publication partagée sur les réseaux sociaux, Mouiti Nzamba a été clair. Il souhaite « la libération de Monsieur Alain-Claude Bilie-By-Nze, de Bob Mengome et des autres détenus ». Selon lui, ces personnes seraient poursuivies pour de simples délits d’opinion. Ainsi, il affirme qu’« un pouvoir s’élève en respectant les libertés individuelles des citoyens ». Par ailleurs, il évoque également le respect de l’ensemble des droits fondamentaux. Cette sortie publique intervient dans un contexte politique particulièrement tendu.
Un ancien Premier ministre sous les verrous
Bilie-By-Nze, 61 ans, a dirigé le gouvernement gabonais entre 2009 et 2023. Il est natif de la province de l’Ogooué-Ivindo, hôte de ces festivités. Toutefois, il figure aujourd’hui parmi les principaux critiques du pouvoir en place. La DGR l’a arrêté le 15 avril devant son domicile. La justice le poursuit pour escroquerie et abus de confiance dans un très ancien dossier. Cette affaire remonte à 2008 et concerne la Fête des cultures. Depuis, il séjourne à la prison centrale de Libreville. Néanmoins, la Cour d’appel a rejeté début juin la demande de nullité déposée par ses avocats défenseurs. Ces derniers dénoncent des irrégularités et réclament sa remise en liberté immédiate. De son côté, son parti EPG évoque une véritable « manœuvre politique » contre l’opposition. Cette affaire alimente désormais un débat national sur l’indépendance de la justice.
Des soutiens visés par des poursuites
Mouiti Nzamba a également dénoncé les tracasseries visant Giovani Boulingui, porte-parole d’EPG. Ce dernier a été récemment interpellé puis relâché sans que les poursuites judiciaires cessent. Ces déboires judiciaires font suite à des révélations sur de graves soupçons de détournements. Ces fonds devaient financer le développement de la province de la Nyanga. De ce fait, il a réclamé l’ouverture d’une enquête véritablement indépendante sur ces accusations. Il exige également davantage de transparence dans la gestion des fonds publics locaux.
Une commémoration sous haute tension politique
Chaque année, cette fête commémore la chute du régime d’Ali Bongo Ondimba en 2023. Après Libreville puis Tchibanga, Makokou accueille donc cette troisième édition. Le général Brice Clotaire Oligui Nguema présidait personnellement ces célébrations officielles. Cet appel illustre néanmoins les tensions persistantes entre pouvoir et opposition gabonaise. Trois ans après la transition, le débat démocratique reste donc vif au Gabon.



































