Trois ans après le coup d’État du 30 août 2023, le Gabon s’interroge sur la trajectoire de son pouvoir. Dans une tribune remarquée, le juriste Ali Akbar Onanga Y’obegue dresse un bilan sévère. Il est aujourd’hui secrétaire général du Parti Démocratique Gabonais. Selon lui, « la Transition peut être jugée » désormais. En revanche, le nouveau mandat reste trop jeune pour un verdict définitif.
L’auteur reconnaît avoir servi l’ancien régime. Toutefois, il refuse toute complaisance envers les pratiques d’hier comme d’aujourd’hui. Il rappelle un fait marquant. L’homme ayant pris le pouvoir militaire est devenu civil. Par l’élection d’avril 2025, il a reçu ce même pouvoir en retour. Pour l’auteur, cette continuité interroge la promesse initiale de restitution aux civils. Ce paradoxe, dit-il, restera une marque historique de cette période.
Une méthode inchangée malgré les intentions affichées
D’après la tribune, aucune rectification claire n’a suivi la fin de la Transition. L’auteur évoque plutôt une concentration croissante de la décision. Il pointe également des contre-pouvoirs affaiblis et un endettement préoccupant. Ainsi, il estime que « ce ne sont pas les moyens qui manquent » au Gabon. Le pays reste riche en pétrole, en manganèse, en bois et en forêts. Par ailleurs, il souligne que les compétences existent, au pays comme dans la diaspora. Le vrai problème, insiste-t-il, relève de la vision et des priorités. Cette lecture rejoint d’ailleurs certaines critiques déjà formulées contre le pouvoir précédent.
La jeunesse, les libertés publiques et le dossier Mbanié
Le texte pointe ensuite le chômage persistant des jeunes gabonais. Il évoque aussi la question sensible des bourses étudiantes. L’auteur y voit un risque réel. L’éducation pourrait devenir une simple variable d’ajustement budgétaire. Pourtant, la bourse a longtemps garanti l’égalité des chances scolaires. La tribune aborde également les libertés publiques, jugées fragilisées. Cela contredit, selon lui, les promesses de restauration institutionnelle. Sur le dossier territorial de Mbanié, la Cour internationale de Justice a tranché en mai 2025. L’auteur réclame désormais une transparence totale envers la population gabonaise.
Un avertissement plutôt qu’une condamnation définitive
Malgré ce constat sévère, Ali Akbar Onanga Y’obegue refuse tout fatalisme national. Il assure que « le Gabon peut faire mieux » grâce à ses potentialités. Deux chemins clairs restent ouverts selon son analyse actuelle. Le pouvoir peut corriger sa trajectoire actuelle sans tarder. Sinon, il risque de perpétuer les erreurs dénoncées en 2023. Enfin, l’auteur appelle à dépasser les rivalités partisanes existantes. Il souhaite bâtir un projet national véritablement partagé et durable. Cette tribune, largement relayée sur les réseaux sociaux gabonais, relance un débat national essentiel. Trois ans après ce basculement historique, le débat national reste vif. Il continue de diviser observateurs, citoyens et responsables politiques dans tout le pays.



































