L’Église évangélique du Gabon (EEG) traverse une zone de turbulence inhabituelle. Ce trouble dépasse largement le cadre d’un simple débat doctrinal. Le Synode national s’est tenu du 3 au 9 août 2026. Il devait désigner un nouveau directoire pour l’institution. Or, l’EEG se retrouve désormais au cœur d’un bras de fer inédit. Ses instances internes s’opposent directement au ministère de l’Intérieur. Cette confrontation interroge ainsi sur la gouvernance ecclésiale actuelle. Elle questionne également la place de l’État dans les affaires religieuses. Ce climat fragilise ainsi l’institution entière.
Le communiqué du ministère, daté du 15 août, a agi comme un détonateur. Il suspend à titre conservatoire le directoire fraîchement élu. Ce mardi 18 août, à Baraka-Mission, un collectif a réagi fermement. Le « collectif du peuple chrétien de l’EEG » a exercé son droit de réponse. L’ancien d’église Simon Obiang Akué a dénoncé une ingérence manifeste. Selon lui, le Synode s’est déroulé conformément aux textes fondateurs. Il estime donc que la suspension ministérielle reste infondée. Ce document a immédiatement suscité une vive réaction parmi les fidèles mobilisés.
Le collectif dénonce une ingérence
Selon le collectif, l’article 55 de la Constitution de l’Église aurait été appliqué. Cette application est intervenue après l’échec des tentatives de consensus. Le révérend Moïse Ovono Megne a en effet refusé l’élection proposée. Le plébiscite interne aurait alors désigné le révérend Jean Daniel Allogo Essimengane. Il aurait ensuite été installé solennellement selon la procédure interne. Cette version contredit implicitement les arguments avancés par le ministère. Celui-ci évoque pourtant des risques de troubles à l’ordre public. Cette lecture juridique renforce la légitimité revendiquée par le nouveau directoire élu.
Une intrusion policière qui inquiète
Le collectif va plus loin en dénonçant l’intervention policière dans l’enceinte religieuse. Il évoque une intrusion abusive jusque dans le temple lui-même. Pourtant, les travaux se déroulaient sans désordre apparent, précise le collectif. Ce point cristallise ainsi les inquiétudes des fidèles présents. L’État aurait-il tenté d’influencer la désignation du nouveau président ? Le porte-parole affirme même qu’un soutien étatique aurait été évoqué. Au-delà des procédures, c’est la cohésion de l’Église qui vacille désormais. Une telle intervention reste rare dans l’institution évangélique.
Un appel à l’arbitrage présidentiel
Les fidèles redoutent une crise durable au sein de l’institution. Celle-ci affaiblirait une Église déjà confrontée à d’autres défis. « Laisser les chrétiens se gérer », lance ainsi un fidèle inquiet. Cet appel vise à préserver l’autonomie ecclésiale face aux pressions extérieures. Le collectif en appelle donc à la sagesse du chef de l’État. Brice Clotaire Oligui Nguema est ainsi invité à restaurer la sérénité. Cette demande souligne enfin l’urgence d’un arbitrage capable de rétablir la confiance. Beaucoup espèrent ainsi un dénouement rapide, apaisé et respectueux des textes fondateurs.









































