Dans l’arène politique gabonaise, certaines alliances ressemblent à des mirages : visibles de loin, mais inconsistantes à l’approche. C’est dans ce climat trouble que le parti REAGIR s’insurge contre une prétendue fusion-absorption avec l’UDB, qu’il qualifie sans détour de manœuvre frauduleuse. Dans un communiqué daté du 31 juillet 2025, son président Michel Ongoundou Loundah fustige une initiative portée par des membres exclus, qu’il accuse d’usurper l’identité du mouvement.
Derrière cette affaire, le ver est dans le fruit. Ceux qui prétendent engager REAGIR dans cette union ne seraient, selon la direction officielle, que des acteurs déchus, frappés d’exclusion depuis novembre 2024 pour falsification de cachet. Pourtant, tels des funambules défiant le vide, ils annoncent une fusion avec l’UDB, comme si les sanctions judiciaires et disciplinaires n’étaient que poussière balayée par le vent.
Pour REAGIR, cette opération n’est rien d’autre qu’une « fusion bâtie sur du vent ». Le communiqué décrit une mécanique bien huilée d’irrégularités : appropriation du logo protégé, occupation illégale du siège pendant des mois, puis départ précipité avec du matériel et divers biens. Une scène qui évoque un théâtre d’ombres où les protagonistes s’agitent sans légitimité réelle.
Mais au-delà des faits matériels, c’est le droit qui tranche comme une lame froide. La Cour Constitutionnelle, par décision du 6 septembre 2025, a invalidé les candidatures des dissidents, consacrant ce que le texte qualifie de « mort civile et politique ». Dès lors, toute prétention à engager le parti devient juridiquement caduque. En d’autres termes, la fusion annoncée n’est qu’un château de cartes prêt à s’effondrer au premier souffle de légalité.
Dans ce contexte, REAGIR adresse une mise en garde claire à l’UDB. En s’associant à cette initiative, le parti partenaire risquerait d’hériter d’une « boutique vide », selon l’expression incisive de Michel Ongoundou Loundah. Tout au plus, précise-t-il avec une ironie mordante, les dissidents peuvent rejoindre l’UDB « à titre strictement personnel ».
Au-delà de cette querelle, REAGIR élargit le débat à une réflexion plus profonde sur la vie politique. « Quand l’usurpation devient une méthode et le mensonge un programme, c’est le pacte de confiance entre le peuple et ses représentants qui se brise », avertit le communiqué. Une alerte qui résonne comme un coup de tonnerre dans un ciel déjà chargé d’incertitudes.










































