Bikélé, le 31 mars 2026- Dans une atmosphère à la fois studieuse et résolument engagée, le Lycée technique de Bikélé a accueilli une initiative d’envergure portée par l’UNESCO, dans le cadre du projet RCEJPS (Phase II). À travers une mission conjuguant suivi pédagogique rigoureux et campagne de sensibilisation d’envergure, c’est toute une vision renouvelée de l’école qui s’est exprimée au cœur d’une communauté éducative pleinement mobilisée.
D’emblée, cette intervention s’inscrit dans une dynamique stratégique majeure. En effet, le sous-secteur de l’Enseignement et la formation techniques et professionnels (EFTP), reconnu pour sa capacité à allier savoirs pratiques et insertion socioprofessionnelle, apparaît désormais comme un creuset privilégié pour l’intégration de l’éducation à la santé sexuelle et au bien-être. Une orientation qui traduit une ambition claire : former des jeunes compétents, certes, mais aussi pleinement conscients des enjeux liés à leur santé, à leur corps et à leur avenir.
Dans le prolongement de cette vision, la mission de suivi et d’encadrement des enseignants a offert une plongée au cœur des pratiques pédagogiques. Observations de cours, échanges approfondis, accompagnement méthodologique : tout a été mis en œuvre pour garantir une appropriation fine et durable des contenus. Loin d’une approche théorique, il s’est agi ici de consolider, d’ajuster et d’élever les méthodes d’enseignement afin de les arrimer aux réalités du terrain. Cette proximité avec les acteurs éducatifs confère à l’initiative une portée singulière, où exigence technique et intelligence contextuelle se rencontrent.
Dans le même élan, la campagne de sensibilisation dans le cadre du projet RCEJPS (Phase II) a insufflé une dynamique collective remarquable. Élèves, responsables administratifs et parents d’élèves ont été conviés à un véritable exercice de conscientisation autour des enjeux de santé sexuelle, de prévention des IST/VIH/SIDA, des grossesses précoces et des violences basées sur le genre. Portée avec vigueur par les jeunes leaders et les clubs santé, cette mobilisation a su allier pédagogie, créativité et efficacité, grâce notamment à des supports de communication adaptés et à une interaction directe avec les publics cibles.

À mesure que l’initiative se déployait du projet RCEJPS (Phase II) , les salles de classe se sont transformées en espaces d’éveil et de réflexion. Les enseignants, à l’image de Nze Toung Cheche, ont su faire preuve d’ingéniosité en intégrant ces thématiques dans leurs disciplines respectives. « À travers les cours de prévention, sécurité et environnement, les élèves établissent des liens avec les notions de reproduction et de sexualité, aussi bien chez l’homme que dans le monde animal », confie-t-il, illustrant ainsi la pertinence d’une approche transversale et contextualisée.
Face à cette dynamique, la parole des apprenants s’est révélée particulièrement éloquente. Mabounga Junior, élève en première maintenance des équipements hospitaliers, exprime avec lucidité une attente forte :
« Cela devrait être une matière à part entière, car cela nous permet de mieux comprendre les risques et de faire face à certaines réalités. »
Ainsi, au fil des interactions et des apprentissages, se dessine une jeunesse attentive, réceptive et désireuse d’être mieux outillée pour affronter les défis contemporains.
En définitive, cette mission déployée à Bikélé dépasse largement le cadre d’une simple activité pédagogique. Elle incarne une avancée significative dans la transformation du système éducatif gabonais, où la transmission des savoirs s’enrichit désormais d’une dimension essentielle : celle de la santé, du bien-être et de la responsabilité individuelle et collective.
Par la qualité de son approche, la densité de son engagement et l’ampleur de sa mobilisation, cette initiative s’impose comme une référence, un modèle inspirant appelé à faire école. Elle rappelle, avec force et élégance, qu’une nation qui éduque sa jeunesse à la santé prépare, avec lucidité, les fondations de son propre avenir.
À Lambaréné on dit « l’enfant que l’on éclaire aujourd’hui ne se perd pas dans l’obscurité de demain. »


























