À l’approche d’un budget rectificatif imposé par le FMI, le président gabonais Brice Clotaire Oligui Nguema multiplie les tentatives pour restructurer le paysage politique et neutraliser toute opposition organisée.
Un contexte social et économique sous haute tension
Le président gabonais Brice Clotaire Oligui Nguema traverse une période particulièrement délicate. Après plusieurs mois d’hésitations, il a finalement accepté d’engager un programme avec le Fonds monétaire international (FMI). Selon Africa Intelligence, «les mois à venir s’annoncent délicats, tant sur le plan politique que sur le plan social». Le futur budget rectificatif risque d’aggraver une grogne sociale déjà bien visible, dont la importante grève dans l’Éducation nationale, au début de l’année 2026, constitue, toujours selon Africa Intelligence, «un signal inquiétant».
Une coalition présidentielle pour verrouiller la majorité
Pour traverser cette séquence à risque, Oligui Nguema a lancé une coalition autour de son parti, l’Union démocratique des bâtisseurs (UDB). Celle-ci regroupe des formations alliées lors de la dernière présidentielle, notamment le Rassemblement pour la patrie et la modernité (RPM) du vice-président Alexandre Barro Chambrier, ainsi que l’Union nationale (UN) de Paulette Missambo, ancienne présidente du Sénat de transition. Le 19 mars, il a reçu plusieurs partis au Palais du bord de mer, en amont de son discours devant le Parlement réuni en congrès.
Le PDG dans le viseur : fusion ou absorption ?
Africa Intelligence révèle qu’Oligui Nguema envisage une «fusion-absorption» du Parti démocratique gabonais (PDG), fondé par Omar Bongo. Aujourd’hui fragilisé, le PDG ne compte plus qu’une vingtaine de députés et cinq sénateurs. La direction actuelle, favorable au général, est contestée en interne par une frange autonomiste conduite par Yves Fernand Manfoumbi, deuxième vice-président du parti. Malgré les appuis discrets du président congolais Denis Sassou-Nguesso, qui souhaite «sauvegarder l’héritage politique d’Omar Bongo», cette tendance indépendante peine à s’imposer. Le congrès du PDG, maintes fois reporté, devrait se tenir d’ici fin mai.
Ali Bongo, fantôme encombrant depuis son exil
Depuis Londres et Paris, l’ex-président Ali Bongo revendique toujours la présidence du PDG, soutenu par son bras droit Ali Akbar Onanga Y’Obegue. Africa Intelligence indique qu’il «menace désormais d’engager des procédures judiciaires, aux chances de succès incertaines», tout en cherchant à négocier avec Manfoumbi pour reprendre la main sur son ancienne formation.
L’opposition coalisée résiste aux tentatives de division
Oligui Nguema s’attelle également à fragiliser la Coalition de la nouvelle République (CNR), bloc d’opposition d’une dizaine de partis dirigé par l’ancien Premier ministre Alain-Claude Bilie-By-Nze. Le 2 mars, il a discrètement reçu Michel Ongoundou Loundah, dont le parti Réagir est membre de la CNR, avec l’aide de son directeur de cabinet Arthur Lemami comme intermédiaire. Tentative infructueuse : le 7 mars, Ongoundou Loundah a «officiellement affirmé son ancrage au sein de la coalition d’opposition», selon Africa Intelligence. La résistance s’organise.










































