L’annonce a provoqué un véritable séisme dans le paysage francophone. L’UPF internationale a confirmé « l’exclusion de Bruno Fanucchi » et acté « la mise en déshérence de la section française », au terme d’une procédure disciplinaire présentée comme incontournable. Selon l’organisation, plusieurs « manquements graves » et « violations réitérées des Statuts » justifieraient une décision aussi radicale. Pourtant, au-delà du juridisme affiché, le comportement même de l’UPF internationale interroge et suscite un profond malaise pour cette union qui revendique 3000 membres à travers le monde.
Dans son communiqué, l’organisation affirme que la section française aurait accumulé de lourdes irrégularités administratives. Elle évoque « la non-tenue depuis plusieurs années de l’Assemblée générale ordinaire », « l’absence de contrôle de la comptabilité », des « pratiques non réglementaires dans la fabrication des cartes d’adhérents » et des « obligations budgétaires non respectées ». Des griefs sérieux, certes, mais dont la gestion par l’UPF internationale semble étonnamment brutale.
En effet, l’organisation précise qu’après « de nombreux avertissements » et une « mise en demeure », elle a choisi l’option la plus lourde : la radiation pure et simple du président Fanucchi, ainsi que la neutralisation complète de la section française. Une décision que certains observateurs jugent drastique, voire contre-productive, tant elle affecte l’image même de l’organisation qui la prononce.
Car une question fondamentale demeure : comment la France, berceau de la francophonie, peut-elle être mise à l’écart d’une Union de la presse francophone ? L’UPF internationale semble ignorer la portée symbolique de son choix pour cette organisation créée en 1950 à Paris même, capitale de la France. Comme le souligne un membre stupéfait, « c’est comme une Francophonie sans la France, ou un G7 sans les États-Unis ». L’image est forte, mais elle traduit un sentiment d’absurdité : l’exclusion du pays fondateur s’apparente à une anomalie institutionnelle.
L’UPF internationale affirme par ailleurs que « toute carte délivrée par M. Fanucchi est désormais invalide », et qu’il est « interdit de recueillir des adhésions pour 2026 » en son nom. Mais cette sévérité assumée ressemble davantage à une volonté d’effacement qu’à une démarche de reconstruction. En choisissant la sanction totale plutôt que la médiation, l’organisation semble avoir privilégié la démonstration d’autorité au détriment de la cohésion.
Un bureau ad interim, composé de « quatre à cinq personnes », sera nommé pour gérer provisoirement la section française. Une solution technique qui ne répond en rien à la question de fond : pourquoi l’UPF internationale n’a-t-elle pas opté pour une sortie de crise préservant la dignité de son membre le plus emblématique ? Car, comme le soulignent plusieurs journalistes, « qu’est-ce que l’UPF sans la France ? ».
En réalité, cette décision pourrait fragiliser davantage l’organisation qu’elle ne le croit. La France n’était pas seulement un membre parmi d’autres : elle constituait une caution morale, une légitimité historique et un levier d’influence indispensable. En amputant ainsi son propre pilier, l’UPF internationale risque d’ouvrir une crise durable. Certains parlent déjà d’un « coup porté à la crédibilité du Bureau international » . Une chose est sûre : cette exclusion laissera des traces.












































