Libreville, 11 septembre 2025. Deux mois après l’annonce officielle d’une interdiction stricte de la vente ambulante dans les carrefours stratégiques de la capitale du Gabon, Libreville, le constat est sans appel : la mesure peine à s’appliquer. Les vendeurs ambulants, toujours présents aux abords des grands axes, continuent de proposer café, croissants, flans et autres encas, transportés dans des caisses fixées à des poussettes. Une scène familière pour les Librevillois, qui illustre le décalage persistant entre les décisions administratives et leur mise en œuvre effective.
Malgré une campagne de communication musclée, des affiches dissuasives et des promesses de réorganisation de l’espace public, la réalité du terrain reste inchangée à Libreville. Les vendeurs, souvent mères de famille ou jeunes sans emploi, n’ont reçu ni alternatives viables ni accompagnement concret. Pour beaucoup, cette activité informelle représente leur unique source de revenus. L’absence de solutions de rechange crédibles rend donc la mesure difficilement applicable.
Ce cas soulève une problématique plus large : celle de la gouvernance urbaine face à l’économie informelle. Dans une ville où les inégalités sociales sont marquées, les décisions administratives doivent s’appuyer sur une analyse fine des dynamiques locales. Sans cela, elles risquent de rester lettre morte ou de générer des tensions sociales.
Les contrôles sporadiques menés par les autorités n’ont pas suffi à dissuader les vendeurs, qui adaptent leurs horaires et leurs emplacements pour contourner les restrictions. Cette résilience, loin d’être une simple infraction, révèle une faille dans la conception des politiques publiques : l’absence de dialogue avec les acteurs concernés.
Pour qu’une mesure soit efficace, elle doit être réaliste, inclusive et accompagnée d’un dispositif d’appui. À Libreville, l’épisode de la vente ambulante rappelle que la transformation urbaine ne peut se décréter sans tenir compte des réalités sociales. Il est temps que les décisions administratives s’ancrent dans le quotidien des citoyens, en conciliant ordre public et justice sociale.


























