C’est dans un climat d’urgence stratégique et de volonté politique affirmée que s’est ouverte, à Luanda, le 21 juin 2025, la réunion technique sous-régionale consacrée à la réforme du Pool énergétique de l’Afrique centrale (PEAC). Alors que les États membres de la Communauté Économique des États de l’Afrique Centrale (CEEAC) sont confrontés à des défis croissants en matière d’accès à l’énergie, cette rencontre ambitionne de redéfinir les fondations d’une coopération énergétique plus structurée, plus efficace et tournée vers l’avenir.
Au cœur de cette dynamique, le Gabon s’est illustré par une participation engagée à travers son ministre de l’Accès universel à l’eau et à l’énergie, Philippe Tonangoye. S’adressant à ses homologues de la sous-région, le ministre a salué l’initiative de cette session, tout en rappelant qu’elle ne devait pas se limiter à un simple exercice institutionnel. Il s’agissait, selon lui, d’un rendez-vous crucial pour l’avenir énergétique collectif des États d’Afrique centrale.
Prenant la parole avec fermeté, le ministre gabonais a souligné l’urgence de repenser en profondeur la gouvernance énergétique sous-régionale. Pour lui, seul un mécanisme robuste et crédible permettra de répondre aux attentes croissantes des populations en matière d’électricité fiable, abordable et durable. Il a en ce sens plaidé pour une gouvernance renforcée du PEAC, à la hauteur des ambitions de développement partagées par les pays membres.
Dans le prolongement de cette exigence, M. Tonangoye a appelé à une mutualisation intelligente des ressources et des investissements, insistant sur la nécessité pour les pays de la CEEAC de faire front commun face aux défis techniques et financiers. L’intégration énergétique, a-t-il martelé, ne peut se construire sans solidarité concrète, sans mise en commun des savoir-faire et sans convergence des politiques publiques.
Cette prise de position s’est accompagnée d’un appel clair à dépasser les déclarations d’intention pour entrer dans une phase d’opérationnalisation. Le ministre gabonais a exhorté les participants à formuler des propositions réalistes, mesurables et surtout inclusives, afin que la future structure du PEAC puisse répondre aux besoins de tous les pays membres, quels que soient leurs niveaux actuels de développement énergétique.
La session de Luanda intervient dans un contexte où l’Afrique centrale, riche en ressources mais encore faiblement interconnectée, cherche à transformer ses potentialités énergétiques en véritable levier d’industrialisation, d’emploi et de stabilité. Dans ce cadre, le discours gabonais a été perçu comme une contribution structurante, fondée à la fois sur la lucidité des enjeux et sur une volonté de coopération active.
Par cette intervention, le Gabon réaffirme son ancrage dans une vision régionale ambitieuse. Il s’inscrit dans la continuité de ses engagements pour le développement durable, l’accès universel à l’énergie et l’intégration économique sous-régionale. Les efforts engagés à l’échelle nationale pour diversifier le mix énergétique, étendre les réseaux et promouvoir les énergies renouvelables confirment une orientation politique claire, résolument tournée vers l’action.
Alors que les travaux se poursuivent dans la capitale angolaise, l’intervention gabonaise aura marqué les esprits par sa clarté, sa rigueur et son appel à la responsabilité collective. Reste désormais à transformer ces échanges en décisions concrètes, dans l’espoir que cette rencontre de Luanda devienne un jalon décisif dans l’histoire énergétique de la sous-région.
Par Darlyck Ornel Angwe, journaliste stagiaire









































