La première réunion de la Commission nationale de la décentralisation s’est tenue à Libreville les 17 et 18 juin 2025, sous la présidence de Brice Clotaire Oligui Nguema. Cette session marque le lancement concret d’un transfert de compétences et de moyens de l’État vers les collectivités locales, attendu depuis 1996.
Hermann Immongault, ministre de l’Intérieur, de la Sécurité et de la Décentralisation, a dressé un bilan clair des travaux préparatoires du Comité technique de la décentralisation tenus en février et mars. Il a rappelé que la Commission visait à valider les recommandations issues de ces travaux, mobilisant douze ministères autour de trois axes prioritaires
Les premiers jours ont permis d’identifier la liste des unités décentralisées : 52 communes, 40 arrondissements et 48 départements, soit 140 entités concernées. Le mécanisme financier retenu prévoit une dotation spéciale équivalente à 5 % des ressources propres de l’État — soit 100 milliards de francs CFA, basés sur une assiette de 2 000 milliards . Chaque entité recevrait donc 500 millions de francs CFA, soit 70 milliards au total, les 30 milliards restants devant être répartis selon des critères tels que la population ou l’éloignement .
S’agissant du transfert des moyens humains, la Commission a validé que lorsque l’administration centrale ne peut fournir le personnel requis, les collectivités locales seront autorisées à recruter ou former leurs propres agents, conformément au statut général de la fonction publique et au Code du travail. Des conventions pourront être conclues avec des établissements publics ou privés d’enseignement supérieur .

Immongault a souligné l’importance de l’opérationnalisation du fonds de péréquation et du recrutement des organes de gouvernance : « Le ministre de l’Intérieur a présenté une communication sur l’opérationnalisation du fonds de péréquation : recrutement du directeur général et de son adjoint. Une fois composé, ce directoire se chargera de la rédaction des statuts et règlements intérieurs qui seront approuvés par décrets en Conseil des ministres ».
La Commission a examiné deux projets de textes : la révision de la loi organique 001/2014 du 15 juin 2015, en particulier l’article 214, afin de permettre une dotation spéciale de 5 à 10 % des ressources propres de l’État, et un décret fixant les modalités du transfert des compétences et moyens
Au total, plus de 5 000 mesures initialement proposés ont été débattues, couvrant les ministères de l’Intérieur, de la Santé, de l’Éducation, de l’Environnement, de l’Agriculture et bien d’autres. Immongault a insisté sur l’implication de chaque ministère : « Nous devons ancrer la décentralisation par le transfert des compétences de l’État vers les collectivités locales, instruments de démocratie de proximité ».
En définitive, Hermann Immongault a salué la tenue des débats : « Je rends un hommage appuyé au président de la République pour avoir permis le lancement des bases de la décentralisation dans notre pays… Nous prenons l’engagement, au niveau de l’État central et des collectivités, de faire en sorte que ce processus se conclue par la réussite d’une action publique efficace jusqu’au niveau local » . Les conclusions seront soumises au président du gouvernement par le vice-président, Séraphin Moundounga.










































