Ce dimanche 16 mars 2025, le mouvement politique « Le Rassemblement des Bâtisseurs » (RDB) organisait sa toute première conférence de presse à son siège, situé au nord de Libreville. Présentée comme une occasion de mettre les ambitions du parti et d’échanger avec les médias, cette rencontre s’est transformée en un véritable fiasco organisationnel, mêlant retard, confusion et tensions.
Trois heures d’attente, aucune excuse
Annoncée pour 12 heures, la conférence n’a finalement débuté qu’après plus de trois heures de retard. Un début laborieux, sans la moindre excuse des organisateurs, laissant les journalistes dans l’incompréhension et la frustration. Un faux départ qui donne le ton d’un événement mal orchestré, où plusieurs professionnels de la presse ont préféré quitter les lieux, lassés par cette désorganisation.
Un meeting déguisé en conférence de presse ?
Là où les journalistes s’attendaient à une véritable session de questions-réponses, l’événement a rapidement tourné au meeting politique. Déjà avec une salle bondée des militants occupants les premiers rangs, chaque intervention des responsables du Rassemblement des bâtisseurs était suivie d’applaudissements nourris de la part des militants présents, créant une atmosphère de confrontation plus que d’échange avec la presse. Comme si les journalistes étaient devenus des opposants. Mais à quoi exactement ? Question. Une confusion regrettable, où la presse, pourtant invitée, a été reléguée au second plan.
Des activistes qui prennent la parole : une dérive inquiétante
Plus surprenant encore : des activistes ont pris la parole, s’exprimant à la place des journalistes. Une situation totalement hors cadre dans une conférence censée être dédiée aux échanges entre les dirigeants du mouvement et la presse. Cette intrusion soulève une question de fond : à quel moment les activistes ont-ils remplacé les journalistes dans leur rôle d’intermédiaire entre les politiques et la population ? Encore une autre interrogation toujours sans réponse.

Ce glissement, dangereux pour la démocratie, contribue à brouiller les lignes entre engagement militant et mission journalistique, deux rôles pourtant bien distincts.
Un journaliste évincé : la goutte de trop
L’incident le plus marquant de cette rencontre reste sans doute l’interdiction d’accès à un journaliste de la rédaction de Gabonmailsinfos, sommé de rester dehors faute de place dans la salle déjà bondée.
Empêcher un journaliste d’assister à une conférence de presse, sous n’importe quel prétexte, constitue une atteinte au droit à l’information. Ce geste, perçu comme une humiliation professionnelle, ternit davantage l’image du Rassemblement des Bâtisseurs, qui avait pourtant l’occasion de marquer des points lors de cette première sortie avec la presse nationale et internationale (France 24 , RFI, Reuters etc. ).
Quelle image pensent-ils avoir laissée de cette sortie ? A chacun sa réponse.


























