L’Afrique franchit une nouvelle étape vers l’intégration continentale avec l’annonce par le Ghana de la suppression des visas pour tous les ressortissants africains. Cette décision, portée par le président sortant Nana Addo Dankwa Akufo-Addo, marque un tournant historique, alignant le pays sur les pionniers de la libre circulation tels que le Rwanda, le Bénin, la Gambie et les Seychelles. Cet engagement, annoncé lors du Dialogue sur la prospérité en Afrique 2024, vise une application avant la fin du mandat présidentiel en janvier 2025.
Voyager à travers l’Afrique demeure un défi complexe, souvent freiné par les visas coûteux et des billets d’avion hors de portée pour la majorité. Selon l’Indice d’ouverture sur les visas en Afrique, produit par l’Union africaine et la Banque africaine de développement, seuls 28 % des déplacements intra-africains se font sans visa, bien qu’une progression notable soit observée depuis 2016. Dans ce contexte, l’initiative du Ghana contribue non seulement à la mobilité des Africains, mais renforce également les objectifs de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), en favorisant un marché intégré et compétitif.
Cette décision intervient alors que des pays comme le Kenya s’apprêtent également à instaurer des politiques similaires. Ainsi, le Ghana s’inscrit dans une dynamique continentale visant à abolir les frontières administratives, condition essentielle à une intégration économique et sociale plus poussée.
Cependant, pour concrétiser cette ambition, l’amélioration de l’accès au transport aérien reste cruciale. Les coûts prohibitifs des billets d’avion, souvent alourdis par des taxes excessives, constituent un obstacle majeur. À cet égard, la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) a récemment adopté une feuille de route pour réduire ces coûts, incluant une baisse de 25 % des redevances passagers et la suppression des taxes non conformes aux normes de l’Organisation de l’aviation civile internationale.
En ouvrant ses frontières, le Ghana renforce son attractivité pour les investisseurs, les touristes et les professionnels africains, tout en consolidant les liens commerciaux et culturels. Cette politique incarne une vision panafricaine où les déplacements, de Dakar à Mogadiscio, ou de Tunis au Cap, ne sont plus des périples, mais des opportunités.
L’Afrique, portée par des initiatives comme celle du Ghana avec la suppression dessus visas pour les africains, se rapproche ainsi du rêve d’une véritable union continentale.












































