La Compagnie minière de l’Ogooué (Comilog), filiale gabonaise du groupe français Eramet, fait face à une crise sociale exacerbée par une décision économique. En raison de la baisse marquée des commandes de manganèse par la Chine, qui absorbe un tiers de la production de Comilog, Eramet a décidé de suspendre les opérations à Moanda pour au moins trois semaines. Ce gel, annoncé le 15 octobre, devrait réduire de 500 000 tonnes la production annuelle du groupe, soit environ 7 % de la prévision pour 2024, rapporte Africa Intelligence. Cette dépendance vis-à-vis de la demande chinoise expose la vulnérabilité de Comilog aux fluctuations du marché, une situation qui suscite de vives tensions sur le site de Moanda, déjà sous haute pression sociale.
Les relations entre la direction de Comilog, incarnée par l’administrateur directeur général Léod-Paul Batolo, et les six syndicats de l’entreprise sont au point mort depuis des mois. Les syndicats ont récemment mené deux jours de grève, les 26 et 27 septembre, pour dénoncer le manque de transparence dans les promotions et le recrutement, ainsi que la suppression de certains avantages, tels que les prêts et avances sur salaire. Cette grève s’était terminée suite à une rencontre avec le ministre des Mines, Gilles Nembe, nommé médiateur. Cependant, les représentants syndicaux estiment que Nembe, ancien cadre de Comilog et proche de Batolo, n’a pas su prendre en main la situation, créant un sentiment d’impartialité biaisée qui alimente encore plus les frustrations, indique Africa Intelligence.
Déplorant l’insuffisance du ministre dans son rôle de médiateur, les syndicats ont adressé une requête au président de transition, Brice Clotaire Oligui Nguema, pour qu’il prenne personnellement en charge la médiation. Cette démarche traduit l’impasse des négociations actuelles et souligne l’urgence de la situation sociale, encore amplifiée par des tensions avec les communautés locales autour de Moanda, selon le média spécialisé.
Africa Intelligence précise que l’extension récente de la mine de Moanda a entraîné le déplacement de plusieurs familles, qui expriment leur mécontentement face aux nouvelles habitations, jugées insatisfaisantes en raison des matériaux et de la taille des logements. Ces frustrations communautaires ajoutent une dimension supplémentaire au conflit, élargissant le périmètre de mécontentement autour des activités de Comilog.
L’issue de cette crise reste incertaine, d’autant que le président Oligui Nguema n’a pas encore répondu à la demande de médiation syndicale. Entre pressions économiques et conflits sociaux, la situation à Comilog demeure tendue et complexe.









































