Jamais un média au Gabon n’a été aussi sous le poids d’accusations comme l’est aujourd’hui Dépêches 241. Dans l’opinion on se demande qui veut museler définitivement Dépêches 241 car après sa suspension du 05 octobre 2023, suite à 4 plaintes déposées auprès de la Haute autorité de la Communication (HAC), de la part de plusieurs anciens barons du régime déchu le 30 août dernier, le tour revient à un ancien Premier ministre, Julien Nkoghe Bekale, d’ester, cette fois-ci notre confrère, devant le tribunal correctionnel.
Dépêches 241 devient-il trop dérangeant pour les anciens barons du pouvoir qui tentent par tous les moyens de le museler définitivement sous le règne du Comité pour la Transition et la restauration des institutions (CTRI) ? C’est la question posée dans l’opinion.
De l’ancienne présidente de la Cour constitutionnelle, Marie Madeleine Mborantsuo, en passant par Franck Nguema, l’ancien ministre des Sports, on aboutit à la dernière Camélia Ntoutoume Leclercq, l’actuelle ministre de l’Education nationale. Ils sont au nombre de quatre qui ont estimé que le journal en ligne a porté atteinte à leur honorabilité, tous les griefs qu’ils portent contre Dépêches 241 remontent à leur temps aux commandes des affaires de notre pays, sous le régime déchu par les militaires. Les sujets traités par notre confrère et qui ne reçoivent pas l’assentiment des concernés partent du doute sur la bonne gestion du Gabon par la Cour constitutionnelle dirigée par son président d’alors, aux sujets de détournement des deniers publics puis de la promotion de l’homosexualité en milieu scolaire.
Estimant certainement que ses prédécesseurs n’ont pas mieux fait, celui qui était président du Conseil économique social et environnemental (CESE), Julien Nkoghe Bekale, a adressé une citation contre Pharel Boukika Mouketou, le directeur de publication de Dépêches 241.
Par ailleurs, l’ancien Premier ministre, Julien Nkoghe Bekale estime qu’il serait victime d’une cabale publique et médiatique conduite par Dépêche 241. Pour motif d’action, il parle de la publication datée du 26 septembre 2023, que le journal avait titré : “Détournement des fonds: Nkoghe Bekale et les 20 milliards issus du décret du ministre du pétrole, allô CTRI”.
Dans le milieu médiatique, nombreux sont ceux qui verraient une volonté délibérée de museler définitivement Dépêches 241. D’autres verraient le début d’une volonté de bâillonner la presse sous la période de la Transition. Car comment comprendre que sous la gestion des militaires plus de 130 médias soient menacés de suspension ? Comment admettre que plusieurs médias soient convoqués en permanence à la HAC par plusieurs anciens barons du régime d’Ali Bongo Ondimba ?
De nombreux activistes et hommes d’églises ont aussi traité ces questions mentionnées plus haut, sinon parfois avec des mots plus durs. Cependant, ces derniers ne sont pas du tout inquiétés, alors que ces médias comme Dépêches 241, le Mbandja, L’Aube et bien d’autres se seraient souvent inspirés de ces personnalités-là pour écrire leurs articles. Où serait passé la dépénalisation du délit de presse ? Pourquoi les journalistes seraient-ils plus persécutés maintenant qu’autrefois? Quelle image aurait la gouvernance du CTRI avec tout ce tapage dans le milieu des médias ?
Le Gabon gagnerait-il mieux que les instances internationales de protection de la liberté de la presse se saisissent de la question ?
Dans tous les cas, le ministère de la Communication est interpellé car il s’agit d’abord de son domaine de compétence.


























