Jean-Baptiste Lemoyne, le secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’Europe et des Affaires étrangères et Ali Bongo en janvier 2020
TropCTrop, l’association de lutte pour les droits humains, a adressé une correspondance au Président de la République française, Emmanuel Macron, ce mardi 22 décembre 2020, intitulée ‘’situation explosive en préparation au Gabon’’ dans laquelle elle accuse la France et son ambassadeur accrédité au Gabon, Philippe Autié, de soutenir la famille présidentielle pour une transmission monarchique du pouvoir. L’ONG demande au Président français d’intervenir pour arrêter cette modification constitutionnelle de trop.
Une fois encore, l’association TropCTrop n’est pas y allée avec le dos de la cuillère en indexant directement la France, son Président et sa politique étrangère au Gabon quant à la nouvelle révision de la Constitution. ’’Nous venons porter à votre attention les inquiétudes que suscitent les derniers agissements du régime Bongo, dont tous les Gabonais savent sans le moindre doute, qu’il bénéficie de votre soutien tout comme il a bénéficié de celui de vos prédécesseurs ; rassuré en cela par certains partenaires du Gabon, et plus particulièrement par la politique étrangère de votre gouvernement’’, a dit l’association.
L’association par le truchement de sa présidente, Anouchka Aubeizaut, laisse clairement entendre que toutes les modifications constitutionnelles en vue ont pour seul dessein l’arrivée au pouvoir de Nourredin Bongo au pouvoir. Selon elle, c’est ce qui expliquerait ‘’ l’activisme de Monsieur Philippe Autié Ambassadeur de France au Gabon auprès des réseaux déjà illégitimes’’, a expliqué Anouchka Aubeizaut, la présidente.
Elle a poursuivi son propos en relevant que la France joue un jeu pas clair qui a pour objectif de flouer le peuple. La ’’ modification de la Constitution en cours participe clairement à la préparation d’une énième forfaiture de cette famille, avec le soutien actif de votre gouvernement’’, a-t-elle martelé.
Par ailleurs, l’association estime que la nomination des sénateurs par le Président de la République annule automatiquement la séparation des pouvoirs. Cette Constitution ne sera plus considérée comme une. Elle a rappelé l’article 16 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen du 26 août 1789 qui dispose que ‘’ toute société dans laquelle la garantie des droits n’est pas assurée ni la séparation des pouvoirs déterminée n’a point de Constitution’’.
La France aurait pesé de tout son poids pour maintenir le régime actuel au pouvoir après les élections présidentielles de 2016, de l’avis de l’ONG. ’’Vous êtes passé à un silence absolument complice ; les circonstances dramatiques de cette prétendue réélection d’Ali Bongo’’, a déclaré la présidente.
L’association demande à Emmanuel Macron d’arrêter les agissements de ses concitoyens, Ali, Sylvia et Nourredin Bongo tous ayant la nationalité française. ’’Qu’ils laissent les Gabonais décider de leur destin en renonçant à toute ingérence et à toute à l’accaparement du pouvoir d’Etat au Gabon’’, a t-elle sollicité.
Malgré la charge vis-à-vis des autorités françaises, elle rappelle le besoin de la préservation des relations entre les deux pays. ‘’Le peuple gabonais souhaite garder l’Etat français et le peuple français comme partenaires mais refuse d’en être le sujet.




































