Le vendredi 20 mai 2022, la France a renouvelé son gouvernement, à la tête duquel se trouve désormais Élisabeth Borne, débarrassé de son ancien ministre des Affaires étrangères, Jean Yves Le Drian. Aux dires de plusieurs observateurs, ce dernier a causé trop de problèmes en Afrique, en faisant perdre notamment à la France, au Gabon, des positions confortables qu’elle avait dans certaines de ses anciennes colonies. Ainsi, il se dit que depuis 10 ans de présence au gouvernement, cet originaire de la Bretagne, a plus été un homme d’affaires qu’une solution au rayonnement de l’image de la France, en Afrique et dans le monde. La France essaie de reprendre, en main, sa politique diplomatique. Dans ce sens, plusieurs dossiers seraient sur la table des nouveaux dirigeants de la diplomatie française.
Au Gabon, les dossiers à traiter, dans une vision nouvelle, avec des acteurs nouveaux, ne manquent assurément pas. La santé d’Ali Bongo, la volonté du régime gabonais d’adhérer au Commonwealth, la perte de vitesse des entreprises françaises au Gabon, les revendications de Jean Ping pour la vérité des urnes lors de l’élection présidentielle de 2016, etc.
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Pour ce qui est des velléités, Jean Ping, sa dernière sortie, en février 2022, sur les antennes de France 24, n’annoncait-elle pas déjà des grands bouleversements à venir ? Les autorités de la chaîne France 24, en accordant cette interview, en autorisant à Jean Ping de traiter le sujet abordé, avec le ton qu’il a eu, n’étaient-elles pas entrain d’informer les Gabonais sur d’éventuelles bouleversements politiques à venir, dans la gestion de la crise gabonaise ? À l’éviction du Gouvernement français de Jean Yves Le Drian, cette question donne matière à réflexion.
En effet, ce poids lourd de la politique Françafricaine n’est pas n’importe qui. Et sa mise au placard ne peut qu’être une bonne nouvelle, pour Emmanuel, la France et tous ceux qui ont souffert des agissements vicieux de cet obligé de milieux d’affaires véreux. Ainsi, débarqué du gouvernement du 2e quinquennat d’Emmanuel Macron, Jean Yves Le Drian est désormais comme une épine qui a été ôtée de la diplomatie française et des pays africains qui ont tant souffert de son avidité.
A cet égard, le Gabon ne manquera pas d’avoir aussi son lot de consolation et de restauration. Car, il se murmure, dans certains milieux feutrés, que les décideurs du Bord de mer ont souvent eu recours à celui qui désormais est un mauvais souvenir au Quai d’Orsay.
Alors, se pose la question de savoir si l’actuel régime gabonais va subsister, après le départ de »cette digue qui les maintenait au pouvoir » ?
Pas si sûr ! Car, le bilan de Jean Yves Le Drian, au Ministère de la Défense Nationale, puis Ministère des affaires étrangères, a terni l’image de la France. Il en ressort que l’influence française a beaucoup reculé. Le regard que les Africains ont désormais de la France est tout autre : ils veulent maintenant que ce partenaire, de longue date, plie bagages et sorte de leur espace géopolitique et stratégique. Voilà ce que le nouveau locataire du Quai d’Orsay va devoir gérer.
Pour certains Africains, au Mali, en Guinée, en Centrafrique et au Gabon, le départ du Gouvernement de Jean Yves Le Drian suscite un espoir des lendemains meilleurs. Il y a un souhait de voir de nouvelles relations diplomatiques se nouer avec la France, pour des résultats plus satisfaisants.
Si rien n’est fait, la France pourrait perdre définitivement le Mali, la Centrafrique, le Tchad et le Gabon. Car, pour des raisons évidentes, la France gagnerait à agir, dans le sens souhaité par ces peuples, pour le raffermissement des liens privilégiés, pour des bénéfices mieux partagés, au moyens de partenariats de type gagnant-gagnant.
Dans tous les cas, la France n’est plus vue d’un bon oeil, dans ces pays, à cause des choix et des décisions de Jean Yves Le Drian.
Concernant le Gabon, on l’accuserait d’avoir soutenu le régime, pas pour le bien des populations mais pour ses intérêts, de concert avec le groupe Bolloré; Vincent Bolloré, le chef du groupe étant un Breton, tout comme lui. Et, tout le travail, y compris au niveau de l’Ambassade de France au Gabon, a consisté à annihiler le combat de l’Opposition et de la résistance gabonaise, pour empêcher qu’il n’y ait l’alternance politique au Gabon. C’est cette logique qui a conduit Philippe Autié à dire à Zacharie Myboto, en présence de Casimir Oyé Mba : « l’élection 2016 est derrière nous, pensez à constituer une coalition pour 2023. » Ainsi, les ponts créés entre l’Opposition gabonaise et l’Exécutif français, via l’ambassade et d’autres voies politiques, ont tous été brouillés, par ses soins.
Cependant, tardivement, d’autres réseaux ont vu le jour, en donnant des lueurs d’espoir, pour des avancées significatives.
En définitive, il est avéré que Jean Yves Le Drian a fait beaucoup de tort au Gabon, d’abord sous François Hollande, comme ministre de la Défense, puis sous Emmanuel Macron, en tant que ministre des Affaires étrangères.
Mais, il semblerait que le Président Emmanuel Macron, avec le temps et les arguments des politiques et de la diaspora, a fini par reprendre, en main, la gestion de certains dossiers diplomatiques, à l’instar du dossier de la crise gabonaise.
En effet, il nous revient que du temps où Jean Yves Le Drian était tout puissant au Ministère des affaires étrangères, des tensions avec Catherine Colonna avaient déjà été signalées. La façon de gérer certains dossiers opposait diamétralement ces deux personnalités. Elle n’aurait pas aimé »les approches diplomatiques de Sieur Le Drian qui ressembleraient plus à un cartel de la mafia qu’autre chose. »
Elle avait été nommée ambassadrice de France au Royaume-Uni. Et, depuis Londres, où résident régulièrement certains décideurs du Gabon, »les réseaux de Jean Yves n’ont pas collé la paix » à Dame Colonna. Il y aurait même eu, sans succès, des approches de ceux-ci, pour garder le Gabon sous leur influence, au cas où elle deviendrait ministre des affaires étrangères.
Cette rupture évidente, entre le Président Macron et les réseaux de Jean Yves, aurait atteint son paroxysme, quand les émissaires du bord ont été, dit-on, éconduits lorsqu’ils ont tenté de rencontrer les proches du nouveau chef de l’État français. Les civilités de ceux qui dirigent le Gabon, dans l’ombre, n’auraient donc pas été reçues. Que laisse alors présager ce fait, s’il était avéré ? Le régime de Libreville serait-il au soir de sa gloire ? Eu égard à tout ce qui précède, on peut se poser la question de savoir si 2023 sera 2016 ? Mieux, plus qu’hier, la question relative à la crise gabonaise n’est-elle pas d’actualité ? Les revendications de Jean Ping, la santé d’Ali Bongo et le scandale de la mauvaise gestion des ressources du Gabon ne trouveront-ils pas des solutions par les nouvelles autorités de la diplomatie française ?
Pour qui sait lire les signes annonciateurs, des esquisses de réponses sont en cours de téléchargement.
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La réaction du Fonds monétaire international, qui exige désormais des comptes de gestion des fonds alloués au Gabon, n’est pas fortuite.
C’est une première, dans l’histoire du Gabon avec le FMI. Car le Fonds sait que la mauvaise gestion a toujours été le sport national chez nous. La main de ceux qui veulent la chute du régime de Libreville ne semble pas loin de la force qui pousse le FMI à agir de la sorte. Dans ce sens, la décision de Total d’arrêter ses actions au Gabon, suite à la catastrophe du Cap Lopez, pourrait être analysée sous le même prisme.
Peut-être que Jean Ping, en très grand diplomate, sait tout ce qui se trame, d’où la multiplication des actions politiques autour de lui et de ses lieutenants. C’est pour plaisanter qu’il a déclaré, sur les antennes de la Chaîne française France 24, « nous allons dégager Ali Bongo du pouvoir, avant 2023, par tous les moyens » ?
Les jours à venir réservent assurément des surprises. A chacun de se brancher sur les bons canaux d’informations, pour mieux aborder le virage que risque de prendre les acteurs diplomatiques et politiques, en charge de la gestion de la crise politique gabonaise. On peut dire, d’ores et déjà , que 2016 n’est pas derrière nous et que 2023 ne sera pas ce que certains pensent.


























